Orelsan - La fête est finie

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Orelsan - La fête est finie
Sortie le 20 Octobre 2017

 

Mic, le 31/10/2017

*San
* La Fête est finie
* Défaite de famille
* Bonne meuf
* Quand est-ce que ça s’arrête
* Zone
* Dans ma ville, on traîne
* Notes pour plus tard

 

Le trublion du rap français, Orelsan revient sur le devant de la scène et du streaming, six ans après son deuxième album solo « Le chant des sirènes ».
« La fête est finie » certifié disque d’or en seulement 3 jours, véritable raz de marée sur les plateformes de streaming en téléchargement et en physique, Orelsan pose 14 titres dans un album qui fait déjà couler beaucoup d’encres (et taper du doigts sur les claviers !)

Après Les Casseurs Flowters (avec Gringe), une mini-série (« Bloqués » crée par Kyan Khojandi) et un film (« Comment c’est loin » qui suit les journées des deux rappeurs dans le monde de la musique), Orel se remet en selle avec ce nouvel album écrit en un an et demi accompagné de son compère de toujours, celui qui fabrique ses sons Skread et une nouvelle entrée dans la bande puisque Stromae participe sur deux sons de l’opus, « Tout va bien » et « La pluie ».

C’est après plusieurs écoutes que j’ai pu apprécier pleinement cet album, loin de ce qu’il a pu faire jusqu’à maintenant dans les instrus en général. Un album plus introspectif, ce qui est pas forcément nouveau, moins défaitiste, et avec de bonnes ondes positives sur certains morceaux, notamment « La lumière », « La pluie » et « Paradis » (ce qui est assez nouveau pour le coup !)

Orelsan ose des sons plus « électros » :
« Basique » – son simple qui rappelle le titre « Mauvaise idée » de son précédent album – « La lumière » – son et voix autotunés, parodie ou envie de faire comme tout le monde – « Quand est ce que ça s’arrête » – Guillaume Brière de The Shoes aux manettes de ce son électro – « Christophe » son ragga-électro parfait pour l’homme aux lunettes noirs qui l’accompagne : Maitre Gims – « Dans ma ville, on traîne » drum’bass légère percutante signé Skread.
Puis des sons plus intimes au piano mêlant rythme folk parfois :
« La fête est finie » et « Notes pour plus tard ».

On dit qu’il s’est assagi, reposé, amoureux, qu’il fait le bilan de sa vie, sa notoriété, son fief : Caen, le monde qui l’entoure, la famille, sa copine, la nostalgie, la maturité qu’on ressent dans ses textes et ses choix musicaux, l’album qu’il apprécie le plus selon-lui. Peut-être qu’après toute ses années à prôner la glande, la gloire, les femmes, les lendemains de cuite, les longues nuits à tirer des plans sur la comète, ses vieux démons, son côté sombre et ses multiples personnages machos, suicidaires, alcooliques, dépressifs et différents. Pas normal, Orel l’assume dans son texte, »San », réel rétrospective sur comme il dit « la moitié de sa vie » (si Michael pouvait voir ça !)

Plus optimisme, presque féministe, devenu lui-même une « Bonne meuf » (son qui rappelle le titre « Bloqués ») l’amour qu’il vit avec elle depuis six ans, son paradis, et sa ville natale, le beau temps 40 jours par an, ses notes pour un ado qui deviendra adulte, avec pour seul remède à la douleur le temps.
Le temps qu’il laisse en suspend, le temps comme fil conducteur à ces 14 morceaux :

« San » annonce le prochain titre, la fin d’une fête, « La fête est finie » on arrête les conneries, on s’arrête au bon moment, la fin d’une époque, on ne rigole plus.
Orelsan pose ses bases ensuite sur le prochain morceau « Basique ».
« Tout va bien » enchaîne les tristes métaphores, comme mensonge que l’on peut faire pour protéger nos petits.
« Défaite de famille » où les secrets de famille se libèrent violemment, les langues se délient, les mensonges que l’on a fait avant s’ouvrent à la vérité cruelle des personnages de nos familles (clichés ?!)
« La lumière » retrouve ses vieux démons, et cette rencontre avec cette fille, dans cette nuit, cette bonne meuf qui va changer sa vie.
« Bonne meuf » rappelle celles qu’il a mises en lumière à sa façon dans ses albums précédents, et celle qu’il est finalement devenu.
Ce qui amène à sa propre notoriété, sa célébrité sur « Quand est-ce que ça s’arrête. Célébrité artistique qu’il met en musique sur ce qu’il appelle la nouvelle variété « la musique de noir par un blanc », le rap en général présent constamment et nourrissant la Sacem, avec ce titre moqueur « Christophe ».
« Ma Zone » mélange son « rap de blanc » avec un autre blanc Nekfeu, célébrité sur celui qui l’adule Dizzee Rascal.
Sa ville est notifiée dans ce texte (« Ma Zone ») et sur les deux autres titres qui suivent « Dans ma ville, on traîne » et « La pluie » qui défendent sa ville qui lui est chère: Caen, avec le crachin normand en fond sur ces deux titres.
« Paradis » fait référence à sa compagne mais aussi au titre « La lumière ».
Puis « Notes pour plus tard » pourrait faire disparaitre le titre « San » si il avait fait ses notes auparavant.

Un ou plusieurs fils conducteur donc, qui s’écoutent dans chacun des titres, chaque mot annonçant le ou les prochains titres. Un ensemble qui se veut plus positif au fur et a mesure de l’avancement des morceaux. A écouter donc dans l’ordre pour déceler les nombreuses références et similitudes qui se succèdent.

Un album changeant pour les puristes qui l’accueille à bras ouverts. Et c’est mérité !
On prend le temps d’écouter chaque titre, même si certains sont moins percutants que d’autres et même si Jimmy Punchline est absent du CD, Orelsan prend de l’âge, fait parler et taper du clavier en bien et on espère que ce dernier ne sera pas qu’un final.
Une saga bien menée, des projets aboutis, on attendra patiemment celui du collègue Gringe (pour 2018) avant le prochain… ?!
Je te rajoute une note pour plus tard : « Ne pas s’arrêter au troisième album… »

 

 

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