Nicolas Michaux

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Après avoir roulé sa bosse avec le groupe de rock Eté 67, le Liégeois Nicolas Michaux, est de retour avec un projet plus personnel et une création inédite présentée aux Nuits Botanique 2015.

SOURCE : lesinrocks.com

Après avoir bourlingué en tournée avec son groupe de rock adolescent Eté 67, Nicolas préfère marquer une pause de plusieurs années dans sa carrière d’artiste “pour prendre son temps”. Parti vivre un an au Danemark, il se met au travail en solo et commence à y composer “sans contrainte, ni obligation”. Ayant laissé tout son attirail en Belgique, il fouille sur Ebay et traque de nouveaux instruments, comme un orgue farsifa, qui lui permettent de trouver sa nouvelle humeur et identité musicale, celle d’un trentenaire plus apaisé. Après de nombreux voyages, Nicolas rentre à Bruxelles avec une pile de chansons sous le bras, se remet au travail, enregistre à domicile une vingtaine de titres et enchaine les shows dans des petits café concerts.

Amoureux de la pop majoritairement francophone, Nicolas Michaux se définit comme un chanteur populaire –  car pour lui, quand il écrit une chanson, il s’adresse “non pas à une niche particulière mais bien à un collectif le plus large possible”. Il saute ainsi de l’anglais au français, voir mélange les deux langues avec aisance et nonchalance : “la langue est un vecteur parmi d’autres au même titre que les sons de guitare”. De ses chansons, on retient souvent des questions sur la collectivité (le couple, la vie en société) ou encore l’enlaidissement du monde et ce qui s’y oppose. Pas donc de grande déclaration d’amour adolescente et à vif, mais plutôt de “grands angles” de vue, soit une vision sociétale mais tout aussi touchante. Et dans sa bibliothèque, on rencontre autant de vinyles de chanson francophone, de bouquins de grands voyageurs (Nicolas Bouvier), de traités philosophiques et politiques, que de cassettes de beats afros probablement chinés sur un marché de Kinshasa  – où il a séjourné trois semaines lors de sa quête d’identité sonore.

Pour marquer le coup après des années de recherche et d’écriture, et à l’occasion de la sortie de son premier EP solo en 45 tours, le festival des Nuits Botanique l’invitait donc à dévoiler son travail sous forme de création baptisée “Demain n’appartient qu’à la nuit”.

Juste après avoir brisé la glace aux Inouïs du Printemps de Bourges en avril dernier, et après plusieurs jours de résidence dans la salle bruxelloise, on le retrouve sur scène en compagnie de 11 musiciens et amis dont Thomas Van Cottom (de Cabane), Bram Vanparys, le quatuor à cordes MP4 (violons et violoncelles), la percussionniste de choc Els Vandeweyer et la choriste Sarah Klenes.
Cette joyeuse bande suit les conseils de son maitre d’orchestre au millimètre mais reste d’un naturel charmant, “créant des conditions pour que la beauté se produise sur scène”. Naïve et spontanée, la pop de Nicolas se définit comme “décroissante”, probablement car elle cherche à éveiller une émotion simple et universelle en chacun de nous, à partir d’une kyrielle d’états d’âmes uniques. On ne peut s’empêcher de voir en lui la sensibilité et la voix gracile d’un certain François and the Atlas Mountains. Mais la comparaison s’arrête ici tant il est difficile de caser Nicolas dans un répertoire musical ! Il se joue ainsi à enchainer sans transition : une balade romantique, un revival psychédélique des 60’s et une comptine sur un clavier Casio datant des années 80.

Et c’est d’ailleurs un bon échantillon de ce qu’on découvrira bientôt sur son premier album, à paraître en janvier 2016 chez la prestigieuse maison Tôt ou Tard, label chez qui il vient de signer. Enregistré au printemps dernier chez lui, puis dans sa maison de famille, ce sont autant d’ambiance familières, instinctives, faussement naïves mais captant le fruit de son quotidien et qui font la grande spécificité et la beauté de son travail.